Développer les soft skills par le cheval
Le terme recouvre à peu près tout. Devant un cheval, il se réduit à trois ou quatre gestes très concrets, et le reste tombe.

Un mot qui ne désigne plus rien
Communication, écoute active, intelligence émotionnelle, adaptabilité, esprit d'équipe. La liste s'allonge d'une année sur l'autre et personne ne la conteste, ce qui est précisément le problème : une compétence que tout le monde s'accorde à trouver souhaitable n'est plus une compétence, c'est une formule.
Le passage devant un animal a un mérite limité mais réel. Il oblige à remplacer chaque mot de la liste par un geste observable, faute de quoi il ne se passe rien du tout.
Ce que les mots deviennent
Trois exemples, parmi les plus courants.
- Écouter cesse d'être une posture de réunion. Face à un être qui ne parle pas, il ne reste que l'observation : regarder ce que fait l'autre avant de décider ce qu'on lui demande.
- Communiquer cesse d'être un échange de phrases. Il reste une demande adressée à quelqu'un qui ne comprend pas le vocabulaire, donc une demande qui doit se voir.
- Gérer ses émotions cesse d'être un exercice intérieur. L'état dans lequel on arrive se lit dans la façon dont on s'approche, et il produit un effet immédiat, sans passer par la parole.
Rien de tout cela n'est nouveau. Ce qui change est la difficulté de continuer à se payer de mots pendant l'exercice.
Nommer sans étiqueter
C'est le moment délicat. Une séance produit des observations, et la tentation est grande de les transformer en portraits : celui qui dirige, celle qui se met en retrait, celui qui n'ose pas.
Une observation porte sur un moment, une situation et un contexte inhabituel. Un portrait porte sur une personne, et il lui reste attaché bien après la fin de la journée. La différence entre les deux tient entièrement à la façon dont la reprise est conduite.
Le critère est simple : une phrase qui commence par « tu es » a franchi la ligne, une phrase qui commence par « à ce moment-là » ne l'a pas franchie.
Ce qui décide de l'utilité
Une compétence comportementale ne se constate pas en une journée, elle s'exerce dans la durée et dans les conditions ordinaires du travail. Ce qui survit au retour au bureau est traité dans ce qui reste le lundi.